LES GRANDES FIGURES DE L’HOPITAL DE BICETRE


Préface du Professeur Bernard CHARPENTIER

         Bicêtre est un très vieil hôpital, situé extra-muros mais proche des remparts de Paris, à la fois ancien château-fort, ancienne prison et de tous temps hospice, havre d’accueil et de miséricorde pour la misère humaine lors des temps difficiles. Mais Bicêtre n’est pas qu’un lieu de souvenirs et de recueillement mais au contraire a su s’adapter et entrer de plein pied dans les ordonnances de 1958 qui réformaient l’hôpital/hospice en hôpital universitaire  pour  en  faire  un  lieu  d’excellence  médicale  avec  triple mission de soins, d’enseignement et de recherche.

Plutôt que d’oublier son passé  et appeler ses lieux de soins de noms de plantes ou simplement de numéros, Bicêtre a tenu à rappeler ses pères fondateurs et les médecins, enseignants, chercheurs qui s’étaient illustrés au long de sa grande histoire en  mettant  en  pratique  la  phrase  de  Shakespeare  « le  passé  est  un prologue… ». Bicêtre  a  donc ses lieux de soins avec des noms propres, certains très connus, d’autres moins et c’est l’intérêt de cet  ouvrage que de rafraichir la mémoire de tous et de refaire vivre nos illustres prédécesseurs sur  les  épaules desquels nous sommes assis nous permettant de voir plus loin ….. !

Professeur Bernard CHARPENTIER
Président de la Fédération Européenne des Académies de Médecine
Ancien Chef du service de néphrologie du CHU de Bicêtre
Ancien président de la conférence des doyens.

GROSSESSE ET MALADIES TROPICALES

Grossesse et maladies tropicalespour but d’aider les praticiens, en France comme dans les pays tropicaux, à poser le diagnostic de la maladie et à mettre en œuvre les traitements : certains peuvent être différés après l’accouchement, d’autres ont un potentiel malformatif, d’autres encore sont sans danger pour le fœtus et doivent être mis en route immédiatement. Le livre présente les précautions générales et la prévention des maladies par la vaccination, puis deux grands chapitres formant le cœur de l’ouvrage sont consacrés aux maladies parasitaires et aux infections tropicales. Actuel et très complet, il inclut des pathologies reconnues récemment et encore mal étudiées telles que le chikungunya, la fièvre Ebola ou la fièvre Zika. La malnutrition fait l’objet d’un chapitre à part entière, de même que les hémoglobinopathies. Enfin, des tableaux indiquant la conduite à tenir devant des symptômes fréquents en zone tropicale (fièvre, diarrhées, lésions cutanées…) sont des aides précieuses au diagnostic et à la prise en charge.

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DE L’HOSPICE Á L’HÔPITAL DE BICETRE

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Préface du Maire du Kremlin-Bicêtre

 

Des Bissestrois aux Kremlinois

 

L’histoire de l’Hôpital de Bicêtre est un témoignage aussi fascinant que riche d’enseignements sur les évolutions de la société française au cours des derniers siècles. Il est un condensé de l’histoire des hommes, des mentalités, des reculs et des progrès. L’Hôpital est, aussi, le pilier autour duquel notre ville s’est structurée et s’est développée. Car à défaut d’être ancienne, la ville du Kremlin-Bicêtre est riche de son histoire, de celle de son Hôpital. Une histoire qui débute en 1633.

Conçu à la demande de Louis XIII sur l’emplacement de l’ancien château de Bicêtre, l’Hôpital est destiné à la Commanderie de Saint Louis afin d’y loger des soldats invalides. Dix années plus tard, après son rattachement à l’Hôpital Général créé par Louis XIV, l’établissement participe à l’enfermement de ce que Paris compte comme vagabonds, indigents et estropiés.

Bicêtre devient alors, deux siècles durant, « le réceptacle de tout ce que la société a de plus immonde » (Sébastien Mercier, Tableau de Paris) et s’apparente à un « vaste égout où s’écoulait toute la boue du royaume » (Lamartine, Histoire des Girondins).

Les bâtiments servent tout à la fois d’hospice, de prison d’Etat et d’asile pour les aliénés terme générique pour qualifier les malades mentaux, les épileptiques et les idiots.

Les conditions d’hospitalisation et de traitement sont inhumaines. Les fous sont enchainés, les malades atteints de la vérole sont fouettés, purgés et saignés.

Dans ce climat de barbarie, l’aliéniste Philippe Pinel sera à l’origine entre 1793 et 1795 d’une véritable révolution dans le traitement des malades mentaux : suppression des saignées et de l’usage des chaînes chez les patients, traitements modernes basés sur les prémices de la thérapie psychiatrique… Peu à peu l’Hôpital Bicêtre évolue et devient un lieu de traitement en même temps qu’un asile précurseur.

Dans le même temps, des soldats napoléoniens de retour de la campagne de Russie sont soignés à l’hospice. Pour leur rendre hommage, un cabaretier ouvre un estaminet à proximité de l’hospice appelé : « Au Sergent du Kremlin ». Le nom du Kremlin est alors donné à une rue à proximité de l’Hôpital Bicêtre (l’actuelle rue du Général Leclerc).

Cette époque marque un tournant pour l’Hôpital. Tout au long du 19ème siècle,  l’établissement connaitra un réaménagement quasi intégral de ces bâtiments. Les aliénés seront séparés des indigents et des malades.

Le lieu-dit suit la même dynamique et se développe autour de l’Hôpital. Une population démunie s’installe dans des bicoques, dont des chiffonniers à l’origine du futur marché aux puces. Des entreprises s’implantent : briqueteries, peausseries… Le quartier développe sa vie propre et en décembre 1896 survient la séparation administrative avec la ville de Gentilly. La nouvelle commune prend pour nom Le Kremlin-Bicêtre, va devenir une ville à part entière.

Jusqu’au milieu du 20ème siècle, malgré l’essor des services de médecine et de chirurgie, l’Hôpital de Bicêtre est avant tout un centre d’hébergement et de long séjour.

Commence alors une fulgurante modernisation qui ne cessera, jusqu’à aujourd’hui, de faire de l’Hôpital un établissement à la pointe des innovations et de la qualité de soins.

En 1952 ouvre un hôpital d’enfants ; en 1957 est créé le 1er service de cardiologie infantile ; en 1964 est implantée la 1ère unité européenne d’hépatologie infantile.

Au début des années 1970, suite aux événements de mai 68, Bicêtre devient le siège de la faculté de médecine Paris Sud. Au fils des années, le CHU Bicêtre s’impose comme l’une des plus importantes structures hospitalières de l’AP-HP en matière d’enseignement et de recherche.

La spécialisation du CHU se poursuit et huit unités de recherche sont créées, dont la prestigieuse INSERM qui permettra au professeur Beaulieu et à ses équipes de mettre au point la pilule abortive et la molécule DHEA contre le vieillissement.

Au cours des vingt dernières années, bien d’autres évolutions sont intervenues. Quel chemin parcouru ! D’un lieu d’enfermement l’hospice de Bicêtre s’est transformé au cours des siècles en un Hôpital Universitaire de premier ordre au sein de la Vallée scientifique de la Bièvre où chercheurs, étudiants, médecins, infirmiers et agents expriment le meilleur d’eux-mêmes au service des autres.

Aujourd’hui, l’Hôpital Universitaire Bicêtre compte un bassin d’emplois de plus de 3000 agents hospitaliers et médecins et un important centre d’enseignement avec ces 4 600 étudiants inscrits en formation initiale et continue. Il est aussi un formidable emblème de la vitalité et de l’attractivité de la ville. 

Pour le maire que je suis, une réalisation pour laquelle je me suis battu prend un sens particulier : l’ouverture en 2009 d’une maternité permettant chaque année 3500 naissances d’enfants qui pourront se prévaloir d’être nés au Kremlin-Bicêtre. J’y vois une continuité symbolique : l’Hôpital donne naissance aux petits Kremlinois après avoir donné son nom lors de la création de la ville du Kremlin-Bicêtre.

A l’image de l’Hôpital, la ville s’est elle aussi développée ces dernières années pour rattraper ses retards en équipements et en services publics, pour renforcer son attractivité économique et son dynamisme. Chacun concourt désormais à faire progresser l’autre. La qualité de vie au Kremlin-Bicêtre rend attractif l’Hôpital qui lui-même participe au rayonnement de notre ville dans la métropole et au-delà. 

Je souhaite saluer le magnifique et solide travail réalisé par le professeur Patrice BOUREE et le professeur Alireza ENSAF qui nous donne à (re)découvrir ce patrimoine historique considérable.

Par la recherche minutieuse et foisonnante d’archives, de lithographies, d’esquisses, de portraits ou de photos d’époque, cet ouvrage sur l’Hôpital de Bicêtre nous fait aussi revivre des moments majeurs de notre histoire de France et nous livre les clés de la création de notre ville.

Il rappelle en cela que c’est dans le passé que l’on puise les ressources pour regarder vers l’avenir.

 

 

Jean-Luc LAURENT

Maire du Kremlin-Bicêtre

Député du Val de Marne

 

 

 

 

 

Préface du Professeur René CAQUET

Lisez ce livre

 

Patrice Bourée et Alireza Ensaf y relatent l’histoire d’un lieu exceptionnel : Bicêtre.

Une longue histoire faite de quelques fastes (ceux du Duc de Berry) et de beaucoup de misère, de tant de misère qu’elle « abreuvait de tristesse » Restif de la Bretonne et que, dans le langage populaire, Bicêtre devint synonyme de malheur (Molière, Trévoux, Littré).

Le Bicêtre d’aujourd’hui remonte à Louis XIII. C’est lui qui demanda à Lemercier de construire sur un château en ruines, un asile pour les soldats estropiés, vieux et caducs. Ils n’y restèrent pas longtemps. Le 27 avril 1656, l’Édit de Renfermement des pauvres, obtenu de Louis XIV par la grande bourgeoisie parisienne (et son expression dévote la Compagnie du Saint Sacrement) en faisait une prison.

Car le terme d’Hôpital général, utilisé dans l’Édit pour regrouper sous la même autorité Bicêtre, La Salpêtrière et Scipion ne doit pas faire illusion. Sous l’Ancien Régime l’hôpital c’est l’Hôtel Dieu, éventuellement Saint Louis en cas d’épidémie. A Bicêtre on ne soigne pas, on enferme. S’y trouvent bien quelques bons pauvres « estropiés et vieillards » mais ils sont la minorité, l’essentiel de la population bicestroise étant composée de « gueux et vagabonds » capturés par la police, d’enfants « imbéciles et épileptiques » jugés insociables, et bientôt de détenus sur lettre de cachet. Certes on y soigne des vénériens (syphilitiques) mais c’est parce qu’ils sont à la fois pêcheurs et contagieux ; ils ne sauraient trouver leur place à l’Hôtel Dieu. On trouve aussi à l’Hôpital Général beaucoup d’insensés : ils sont arrêtés par la police ou sont internés à la demande de leur famille et condamnés à être « détenus et enfermés à perpétuité au Château de Bicêtre ».

Pendant la Révolution, qui mit fin à l’Hôpital général, Bicêtre n’échappa point aux terribles journées de septembre 1792, durant lesquelles une foule de sans culottes parisiens envahit les prisons pour y rechercher et mettre à mort les « conspirateurs », alors que les patriotes français se battaient aux frontières. C’était quelques jours avant Valmy… et quelques mois après les premiers essais, à Bicêtre, d’un appareil inventé par un bon docteur bicestrois : la guillotine. Trois essais sur « les cadavres de deux prisonniers et d’une femme gâtée »(syphilitique) furent jugés suffisamment concluants par Guillotin, Cabanis, Cullerier et Pinel pour qu’ils en recommandent aussitôt l’usage.

 

En 1793 Philippe Pinel, fraîchement nommé à Bicêtre suivait les conseils de son surveillant Jean-Baptiste Pussin, et « délivrait les aliénés de leurs chaînes ». La signification de ce grand événement est aujourd’hui quelque peu contesté. Bien à tort.

Après la Révolution, Bicêtre fut progressivement transformé en hospice tout en abritant toujours une prison. En 1836, près d’un millier de détenus étaient encore emprisonnés aux Cabanons et à la Force. De Bicêtre partait la « chaîne » qui, trois fois l’an emmenait à Rochefort ou à Toulon les condamnés au bagne. (Relisez l’admirable Victor Hugo dans  » les derniers jours d’un condamné »). Ce ne fut qu’en 1849 lorsque fut fondée l’Assistance publique de Paris, que l’hospice de Bicêtre prit enfin les traits d’un hôpital.

De grands médecins s’y illustrèrent dont nous parlent Patrice Bourée et Alireza Ensaf. J’en retiendrai trois.

Paul Broca (1824-1880), fut le plus grand peut être. Il montra que le cerveau humain n’était pas une masse informe mais que ses fonctions y étaient localisées et latéralisées révolutionnant ainsi nos connaissances sur le langage. On sait moins que, logé à Bicêtre, il y fit pousser des bleuets dont il essaya, avant Mendel, de changer la couleur par hybridations successives. Il est considéré -, à juste titre-comme le fondateur de l’anthropologie.

Désiré-Magloire Bourneville (1840-1909) qui décrivit à Bicêtre la maladie qui porte son nom, se consacra à la prise en charge des enfants idiots et épileptique, créa la fondation Vallée et fonda la pédopsychiatrie.

Pierre Marie (1853-1940) qui compléta les travaux de Broca sur l’aphasie, ceux de Basedow sur l’hyperthyroïdie, décrivit l’acromégalie et laissa une œuvre anatomo­pathologique considérable.

On notera que les deux premiers furent aussi des hommes politiques agnostiques et anticléricaux ; les membres de la Compagne du Saint Sacrement et les jansénistes qui administrèrent l’hôpital général ont du se retourner dans leurs tombes.

Depuis la réforme des études médicales de 1958, (la réforme « Debré ») et celle des Facultés parisiennes de 1968 (la réforme « Edgar Faure ») Bicêtre est devenu un hôpital moderne. Pour nous le décrire Patrice Bourée et Alireza Ensaf ont employé un moyen subtil. Ils ont choisi de consacrer des monographies aux femmes et aux hommes sous le vocable desquels se sont placées les équipes médicales ayant récemment œuvré à Bicêtre. Cette vieille habitude de donner un nom célèbre aux salles et aux laboratoires qui composent un hôpital est pleine de sens. C’est aussi bien une façon de remercier son patron que de s’attribuer une filiation scientifique ou d’affirmer ses convictions. Lisez donc attentivement les biographies de cet ouvrage.

 

Promenez-vous aussi dans Bicêtre le livre à la main. Vous y retrouverez facilement grâce à ses illustrations, les traces d’un passé passionnant.

 

 

Bonne lecture. Bonne visite.

 

 

René CAQUET

Ancien Chef du Service de Médecine Interne

Ancien Doyen de la Faculté de Médecine Paris-Sud

 

 

 

 

Préface de Madame Christine Welty

Les lieux porteurs d’une histoire si riche sont rares

 

Lieu chargé d’histoire, Bicêtre est un espace en perpétuelle mutation. Château, repaire de brigands puis prison, asile d’aliénés, hospice et aujourd’hui centre hospitalo-universitaire… : depuis le 13ème siècle, Bicêtre est le théâtre d’épisodes marquants de l’histoire française et d’évolutions structurelles témoignant des changements sociétaux.

Décor du roman de Victor Hugo, Le dernier jour d’un condamné, et souvent cité dans La comédie humaine d’Honoré de Balzac, Bicêtre représente le lieu archétypal des conditions de détention en vigueur au 19ème siècle.

Chaque année, ce sont de véritables leçons d’histoire in situ qui sont dispensées à Bicêtre à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, qui attirent de nombreux visiteurs.  L’ouvrage de Patrice Bourée et Alireza Ensaf contribue fortement à la valorisation de ce patrimoine inestimable.

Les lieux porteurs d’une histoire si riche sont rares. Ils constituent de précieux témoignages.  Mais ce qui rend Bicêtre si intéressant, c’est que,  loin d’être un espace figé tourné vers son passé, il continue d’évoluer et de marquer son époque.

Cet ouvrage, nourri de descriptions d’une grande acuité, de portraits saisissants et d’une iconographie soignée,  parvient à mettre en lumière le caractère vivant du patrimoine bicestrois. Tout le mérite en revient à ses auteurs qui ont réalisé un travail de documentation remarquable.

Une histoire qui continue à s’écrire au service de la population….

 

 

Christine Welty

Directrice des Hôpitaux

Universitaires Paris-Sud

CANCER

ÉTUDE DE L’INDUCTION D’APOPTOSE PAR L’HYPERFORINE DANS LES CELLULES DE LEUCÉMIE LYMPHOÏDE CHRONIQUE B

Alireaz ENSAF

La leucémie lymphoïde chronique des lymphocytes B (LLC-B) est caractérisée par une remarquable déficience en apoptose et non pas par une perte du contrôle de la prolifération lymphocytaire. Nous avons cherché à savoir si l’hyperforine, un phloroglucinol naturel dérivé de la plante Hypericum perforatum L. doué de capacités anti-tumorales et pro-apoptotiques, pourrait induire l’apoptose des cellules leucémiques de patients atteints de LLC-B ex vivo. Les résultats montrent que le traitement des cellules de LLC-B déclenche un certain nombre d’événements apoptotiques : externalisation de la phosphatidylsérine, fragmentation des noyaux, activation de la caspase-3 et clivage d’un substrat de caspase, la PARP, ainsi que la régulation négative de Bcl-2 et Mcl-1, deux protéines anti-apoptotiques. De plus, l’hyperforine régule négativement deux autres protéines surexprimées par les cellules de LLC-B: la NO synthase de type II (iNOS) qui catalyse la production du NO et qui est également anti-apoptotique dans ce modèle, ainsi que la p27kip1, un inhibiteur des kinases dépendantes des cyclines. En conclusion, l’hyperforine semble être un composé naturel prometteur pour rechercher de nouvelles stratégies thérapeutiques des LLC-B basées sur l’induction d’apoptose et sur la combinaison avec des agents antitumoraux dépendants du cycle cellulaire.

 

HÔPITAL DE BICÊTRE

LES GRANDS NOMS DE

L’HÔPITAL DE BICÊTRE

L’hôpital de Bicêtre est un lieu historique,  le premier bâtiment construit à cet emplacement étant un château construit par l’évêque de Winchester, ambassadeur d’Angleterre en France. Avec le temps, le nom de Winchester va devenir Bicêtre. Au cours des guerres de l’époque, le château a été détruit, reconstruit puis brûlé, les ruines devenant un repaire de brigands. En 1632, Louis XIII construit un hospice qui va héberger des pauvres, des fous et des prisonniers et à partir de la fin du XVIIIème siècle, des syphilitiques.

         Puis il va devenir un établissement de soins qui va évoluer au cours du temps pour devenir un hôpital moderne. Un certain nombre de médecins ont consacré une partie de leur vie à améliorer les conditions de vie et de travail de cet hôpital. Aussi, pour leur rendre hommage, leur nom a-t-il été donné à des bâtiments ou à des salles de cet hôpital.

PINEL s’est investi  dans la prise en charge des aliénés, BROCA a travaillé sur le cerveau, BOURNEVILLE, médecin et député, s’est occupé des enfants arriérés, CHASLIN de la psychiatrie, DEPARIS de la médecine interne, LAPRESLE de la neurologie, ALAGILLE de la pédiatrie, LASJAUNIAS de la neuro-radiologie. Leurs travaux et ceux d’autres grands noms de la médecine apparaissant sur les salles de l’hôpital de Bicêtre sont rappelés dans cet ouvrage.

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GROSSESSE ET PATHOLOGIES TROPICALES

En passant

GROSSESSE ET PATHOLOGIES TROPICALES

 

Avec les progrès et la rapidité des transports, les femmes enceintes voyagent quasiment jusqu’au 8ème mois.  Aussi, n’est-il pas rare de se trouver confronté à  une femme enceinte, autochtone ou touriste,  revenant d’une zone tropicale et atteinte d’une pathologie contractée sur place.

Il faut savoir évoquer le diagnostic, et connaître les éventuelles conséquences à craindre, aussi bien pour la mère que pour le fœtus. Les affections tropicales ont de multiples origines parasitaires, bactériennes, virales ou autres.  Il faut étudier le retentissement de la  grossesse sur la maladie en cause et vice versa. Une fois le diagnostic établi, se pose le problème thérapeutique.  Certaines affections, comme le paludisme, nécessitent un traitement en urgence. Pour d’autres, comme les parasitoses intestinales avec une faible infestation, le traitement peut attendre la fin de la grossesse, pour éviter toute discussion en cas de foetopathie éventuelle découverte à la naissance. A l’époque actuelle, la majorité des traitements sont bien tolérés chez la femme enceinte.

Cet ouvrage a pour but d’essayer de répondre au maximum à la façon de gérer le diagnostic et le traitement de la femme enceinte atteinte d’une pathologie tropicale.  Il  est particulièrement destiné aux médecins, sages-femmes et infirmiers mais aussi aux femmes enceintes elles-mêmes qui voyagent et qui souhaitent s’informer sur les risques locaux. Un tel document sera utile dans les pays industrialisés pour traiter les voyageuses mais aussi dans les pays tropicaux pour la prise en charge des femmes autochtones.

Les auteurs remercient chaleureusement le Professeur Hervé Fernandez, chef d’un service de gynécologie et obstétrique accueillant une importante population étrangère d’avoir accepté de rédiger une préface à cet ouvrage. 

Hôpital de Bicêtre

L’hôpital de Bicêtre : du château au CHU

 

par Patrice Bourée, Alireza Ensaf

Cet hôpital date du XIIIe siècle, quand Louis XIII donne en 1223 à son premier cuisinier (appelé maître-queulx) un domaine au sud de Paris, au milieu des bois, sur le plateau de Gentilly, qui s’appellera la Grange-aux-Queulx. Messire Jehan de Pontoise, évêque de Winchester et ambassadeur d’Angleterre en France, rachète ce domaine et y construit le château de Winchester. Mais en 1294, Philippe le Bel, en guerre contre les Anglais, confisque le château à titre de représailles. L’évêque de Winchester ne va récupérer son bien qu’en 1301. D’après la légende, le nom anglais de Winchester, difficile à prononcer pour un Français, s’est peu à peu transformé en Wincestre, Wicestre, Bicestre puis Bicêtre.

Réf : LA REVUE DU PRATICIEN VOL. 60 20 novembre 2010

 

GUYANE

LES MALADIES VECTORIELLES TRANSMISSIBLES ET L’ORIGINE DES ÉPIDÉMIES EN GUYANE

 

RÉSUMÉ

Pour cette étude, j’ai choisi de concentrer mes travaux sur l’origine des épidémies des maladies vectorielles transmissibles existantes dans ce département français au climat tropical avec une surface recouverte par la grande forêt dense où chaque arbre accueille de nombreuses espèces comme des mammifères, des arthropodes, des unikonta et autres acteurs de cette communauté. L’objectif de ce travail de recherche et du stage en Guyane est l’acquisition de compétences par l’observation des divers milieux écologiques, l’analyse des éléments impliqués dans la survenance des épidémies et la prise en charge de ces maladies dans les différents centres de santé de ce département.
L’analyse des résultats et observations montrent une forte diminution de diversité spécifique des forêts denses vers des forêts fortement anthropisées ou orpaillages. Également, dans un contexte habituel d’une forêt primaire où l’homme n’est pas intervenu, la diversité spécifique des vecteurs de maladies transmissibles est beaucoup plus importants en nombre et en catégorie spécifique que dans d’autres typologies écologiques. Dans des forêts denses ayant moins subi l’influence de l’homme, il existe un équilibre et en particulier au niveau de la chaîne alimentaire. Ce contexte permet à l’ensemble des composantes, dans un temps et lieu donnés, de vivre et de se reproduire avec un rythme souvent adapté au milieu forestier, primaire ou dense. Des milliers de vecteurs de maladies transmissibles dans les forêts se nourrissent des végétaux ou du sang des nombreux mammifères et autres animaux et un grand nombre de ces vecteurs chassés par des entomophages permet d’installer un équilibre entre eux. Les problèmes ont commencé avec la déforestation massive, les activités minières, en particulier l’orpaillage (légal ou illégal), la chasse et la pêche en masse, les constructions, les infrastructures routières, les activités agricoles modernes et traditionnelles sur brûlis qui ont causé une très forte diminution des espèces végétales et animales en nombre et en diversité spécifique dans certains lieux de Guyane. Là, où la chaîne alimentaire est totalement dégradée, les entomophages ont disparu. Dans ce contexte les vecteurs de maladies transmissibles ont tendance à migrer vers des habitants. Ces vecteurs sont dans l’obligation de changer leurs comportements nutritionnels en se nourrissant de végétaux, du sang de mammifères domestiques et aussi de l’homme. Il s’agit d’une modification de leurs sources nutritionnelles habituelles qui peut durer et être mémorisée. Ils apprennent à s’adapter aux nouveaux milieux et les transmettent aux nouvelles générations. La proximité d’agents pathogènes et des vecteurs qui peut survenir pendant la chasse des animaux porteurs de parasites et autres activités forestières complique de plus en plus les relations entre vecteurs-hôtes, vecteurs-réservoirs et vecteurs-agents pathogènes. Il a souvent été observé des mammifères sauvages infectés approchant les habitants et vivant avec eux .Il arrive même que les touristes les prennent dans leurs bras. Les autres raisons qui influencent la progression des pathologies vectorielles transmissibles sont l’immigrations des patients porteurs d’agents pathogènes asymptomatiques, la forme et la structure des habitations, le mode de vie, les négligences et le non respect de prophylaxies contre les piqures des vecteurs. Il est clair que dans ce contexte les recrudescences saisonnières et les saisons pluvieuses jouent aussi un rôle important sur la survenue des épidémies dans certaines régions en Guyane. Tout fois, les particularités saisonnières semblent beaucoup moins marquées à côté des autres facteurs indiqués ci-dessus. C’est pourquoi certaines épidémies se succèdent à quelques semaines d’intervalle ou dans des périodes inhabituelles. La synthèse de l’analyse des résultats montre que les pathologies vectorielles transmissibles comme la dengue, la maladie de Chagas, la leishmaniose et le paludisme restent un problème de santé publique en Guyane française avec une transmission permanente des agents pathogènes sur l’ensemble du territoire. L’ensemble des organismes de santé en Guyane, particulièrement les postes et centres de santé dans des communes, bourgs et villages isolés en Guyane jouent un rôle très important dans la prise en charge des patients. Ils offrent des soins accessibles à tous les habitants du Bouclier Guyanais.
Les actions menées, présentées dans la conclusion de cette étude, comme les dépistages, la surveillance des épidémies, le programme de lutte anti vectorielle, la collaboration bien organisée entre des différentes instances de santé des pays voisins de la Guyane doivent permettre d’améliorer le contrôle des maladies vectorielles. Cela passe aussi par l’éducation et l’information des populations sur les conséquences sanitaires de la déforestation et de la dégradation des milieux naturels.